Les 3 et 4 août 2026, WANEP-Mali a pris part à la première édition de la Simulation Youth4ATT, organisée au Palais des Nations à Genève. Représentée par son Coordinateur national, M. Mahamady Togola, l’organisation a apporté une contribution technique nourrie par son expérience en matière de prévention des conflits, d’alerte précoce, de protection des civils et de participation des jeunes aux processus de paix et de sécurité.
Organisée en prélude à la douzième Conférence des États parties au Traité sur le commerce des armes (CSP12), la Simulation Youth4ATT a réuni de jeunes acteurs, des représentants de la société civile, des experts et des diplomates autour des principaux enjeux liés à la mise en œuvre du Traité sur le commerce des armes (TCA). Les travaux ont combiné sessions techniques, exercices de simulation, discussions régionales et échanges sur la coopération internationale.
Une contribution ancrée dans les réalités du Mali et du Sahel
Au cours de la rencontre, WANEP-Mali a présenté une communication intitulée « From Treaty Commitments to Community Protection ». Cette intervention a mis en évidence la nécessité de traduire les engagements internationaux en mesures concrètes de prévention et de protection au bénéfice des communautés.
À partir des réalités du Mali et du Sahel, WANEP-Mali a attiré l’attention sur les risques liés à la porosité des frontières, au détournement des armes, aux trafics transnationaux, à la présence de groupes armés et terroristes ainsi qu’aux limites des systèmes nationaux de contrôle. L’organisation a également souligné l’importance d’intégrer les informations issues des mécanismes d’alerte précoce et des acteurs communautaires dans l’évaluation des risques précédant toute autorisation de transfert d’armes.
Cette contribution a particulièrement porté sur les articles 6 et 7 du TCA, relatifs aux interdictions et à l’évaluation des risques. WANEP-Mali a rappelé que l’efficacité du Traité ne devait pas être appréciée uniquement à travers l’existence de cadres juridiques et administratifs, mais aussi au regard de ses effets sur la sécurité humaine et la protection des populations civiles.
WANEP-Mali, rapporteur du Groupe Afrique de l’Ouest et du Centre
La participation de WANEP-Mali a également été marquée par le rôle de rapporteur confié à M. Mahamady Togola au sein du Groupe Afrique de l’Ouest et du Centre, sous la facilitation de M. Paul Akwasi Baami du Ghana.
Les travaux du groupe ont permis d’analyser les défis propres à la région, notamment la faiblesse des capacités institutionnelles et techniques, la gestion insuffisante de certains stocks, les difficultés de marquage et de traçabilité, le manque de coordination entre les services compétents et la circulation transfrontalière des armes illicites.
La restitution en plénière a mis l’accent sur plusieurs priorités : l’harmonisation des législations nationales avec le TCA, la sécurisation des stocks, le renforcement des contrôles aux frontières, l’amélioration du partage d’informations et l’institutionnalisation de la participation des organisations de la société civile, des femmes et des jeunes.
Le message porté par le groupe était clair : les armes illicites et les réseaux criminels franchissent les frontières ; les mécanismes de prévention, l’information et la coopération doivent également dépasser les frontières nationales.
Promouvoir une participation significative des jeunes et de la société civile
WANEP-Mali a défendu une approche dans laquelle les jeunes ne sont pas uniquement considérés comme des bénéficiaires des politiques de contrôle des armes. Ils doivent être reconnus comme des partenaires capables de contribuer à la recherche, à l’alerte précoce, à la sensibilisation communautaire, au plaidoyer et au suivi des engagements pris par les États.
L’organisation a également insisté sur la nécessité de mieux intégrer les conséquences différenciées de la violence armée sur les femmes et les filles, conformément à l’article 7.4 du TCA. Cela implique notamment de renforcer la collecte de données désagrégées et d’associer les organisations féminines à l’analyse des risques.
En marge des sessions, des échanges ont eu lieu avec Mme Yoko Owatari du Secrétariat du TCA et M. Kristian Svanes de la Mission permanente de la Norvège à Genève. Ces rencontres ont permis d’aborder les besoins des États, les possibilités d’assistance ainsi que la contribution de la société civile à une mise en œuvre du Traité mieux adaptée aux réalités nationales et communautaires.
Une participation alignée sur les priorités stratégiques de WANEP-Mali
Cette participation s’inscrit dans le cadre de l’Objectif stratégique 3 du Plan stratégique de WANEP-Mali, qui vise à élargir la portée des programmes d’éducation à la paix et à soutenir la participation et la voix des jeunes sur les questions de paix, de sécurité, de prévention et de lutte contre l’extrémisme violent.
Elle ouvre des perspectives pour renforcer le plaidoyer national et régional, développer des partenariats techniques et relier davantage le contrôle des armes aux programmes de prévention des conflits, de protection des civils et de promotion de l’Agenda Jeunesse, Paix et Sécurité.
WANEP-Mali remercie l’International Humanitarian Law & Youth Initiative (IHLYI), SEHLAC Joven et la Kenya Coalition on Youth, Peace and Security pour l’organisation de cette initiative. Une reconnaissance particulière est adressée à Mme Mourhane Moustapha, cofondatrice et directrice exécutive de l’IHLYI, pour son leadership, son énergie et son engagement constant en faveur de la participation des jeunes aux processus internationaux de paix et de sécurité.
CCom WANEP-Mali © août 2026
